Du supermarché à la tombe

La mondialisation s’invite chaque jour chez nous, qu’on le veuille ou non : un café équitable sud-américain par ci, des fraises « bio » du Vaucluse ou d’Argentine par là, un pot de yaourt aux myrtilles, une paire de chaussures de sport ou un jouet conçus dans les C.B.D. des métropoles états-uniennes et fabriqués en Chine. Tous ces biens de consommation sont consommés à bas prix dans chaque ville d’Europe sans que les déplacements de plusieurs milliers de kilomètres effectués par ces marchandises, avec leurs problèmes d’organisation, d’aliénation de la vie, de coûts, de temps, de Séparation, de risques, de perte d’autonomie, de destruction des cultures et de la civilité, de pollutions ou autres aléas éventuels, c’est-à-dire leurs conditions de possibilité concrètes, matérielles et vivantes, ne suscitent la moindre interrogation chez les clients/citoyens finaux ou intermédiaires, c’est-à-dire les consommateurs/producteurs spécialisés des chaînes du travail sociétalisé, que nous sommes tous devenus [1]. En 1993, une étude montrait déjà que la spatialité pour fabriquer les différents éléments d’un simple pot de yaourt aux fraises, à Stuttgart en Allemagne, formait une distance de près de 9115 km [2]. Car ces déplacements mondialisés qui sont maintenant bien plus considérables, sont en effet pleinement intégrés dans les processus de production, de vente ou de consommation à travers la logistique qui permet l’échangisme généralisé où tout est marchandisé et d’abord n’importe lequel d’entre nous dès que nous touchons sous la forme d’un équivalent général (l’argent), un simple salaire, une allocation d’Etat, des stocks options ou de l’argent « au noir ». Et ces déplacements sont alors d’autant plus imprégnés dans notre imaginaire qu’ils déterminent obligatoirement chaque acte de notre quotidien, et ceci parce qu’aujourd’hui notre vie dépend en réalité d’un emboîtement généralisé de divers espaces en inter-relations échangistes que d’ailleurs la grande majorité d’entre nous ne connaîtrons jamais, et peut-être même pas seulement l’existence. La mondialisation – et à contre-pied de ce que croient encore les comiques écologistes – ne fait pas que s’inviter dans nos assiettes ou dans notre « mode de vie », c’est-à-dire notre « consommation ». Elle est simplement notre vie à chacun de ses instants de production comme de consommation, ou encore l’approfondissement de ces mêmes instants dans le temps séparé des loisirs. Et ceci simplement parce que nous « travaillons » tous comme rouage de l’interdépendance échangiste mondialise.
article de la decroissance.info

Publié dans : la vie |le 24 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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